17- Le génie n’est pas forcément là où on l’attend…

27 décembre 2010

C’est un livre envoûtant que Les Visages, de Jesse Kellerman, paru en France en 2009. En plus d’avoir été élu meilleur thriller de l’année par le New York Times (même si ce n’est pas exactement un thriller à mon sens), Harlan Coben lui a donné ses lettres de noblesse : « Si vous n’avez pas encore lu Jesse Kellerman, ne perdez pas une seconde […] on ne rencontre pas tous les jours un talent de cette ampleur ». Et du talent le trentenaire (né en 1978, de parents tous deux écrivains) en a à revendre ! Son livre est purement une œuvre d’art. Et justement, il nous immerge dans le monde de l’art. De l’art contemporain, faisant référence au passage à quelques artistes, courants, œuvres majeures, détruisant quelques clichés tenaces au passage. D’ailleurs, son héros, Ethan, est un vrai bulldozer. Il ne mâche pas ses mots. En fait, il s’adresse directement à nous, lecteurs, nous plante le décor, dépeint tout de suite ce qu’on pourrait lui reprocher, sa manière d’être, son égocentricité excessive. Il nous raconte sa jeunesse, par bribes, au détour d’une digression. Et les digressions sont justement ce qui caractérise d’une certaine manière cette œuvre, dans sa construction.

Nous avons Ethan Muller, notre narrateur, et son récit s’entrecoupe de chapitres intitulés « Interlude ». C’est ce continuel aller-retour entre le passé et le présent qui donne tout son charme à ce livre. Ce voyage dans le temps incessant nous implique directement. C’est comme s’il y avait la partie racontée du récit, qui s’adresse directement à nous, et les passages intimes, où divers personnages se raconte sans le vouloir. On a l’impression d’être dans leur tête. Le style d’écriture change d’ailleurs en fonction de certains personnages. Cela rend le récit vivant, étoffé (presque trop à certains moments), rempli de petits détails, qui en s’amoncellant reconstitue un puzzle entier. Le puzzle qui entoure tout le mystère de la découverte de nombreux dessins d’un personnage, alors inconnu autant pour nous que pour Ethan, « Victor Crack ». Le galleriste voit en lui un artiste de génie et un moyen de se faire une place dans l’univers des marchands d’art. Un monde impitoyable, qu’il quitte pourtant peu à peu en recherchant à corps perdus ce fameux artiste. C’est le dessin central de toute l’œuvre pharaonique, que constitue l’œuvre de Crack, qui représente cinq angelots, qui interpelle un ancien policier à la retraite : il s’agit de cinq petites victimes d’un tueur en série. Il en est certain. De sorte qu’Ethan, le gosse de riche obnibuler par les faibles problèmes de sa vie, plein de regrets et de rancœur, finit par se laisser convaincre d’aider le vieil homme dans sa quête. Même s’il se persuade qu’il essaie par là de faire sa B.A il se rend vite compte qu’il est hanté par l’artiste et cela s’accentue lorsque le policier décède. Ethan continue alors sa quête avec sa fille, procureur de la République, qu’il finit tant bien que mal par convaincre. C’est un livre à part. Il fourmille de paradoxes.

Ethan poursuit alors sa quête en recherchant encore et toujours l’artiste, et le présumé meurtrier ou témoin, qu’il considère toutefois comme un génie pour tout autre chose. Son enquête l’obsède, il ne vit plus que pour la mener à terme. Quoiqu’il découvre. Il a l’impression que cet artiste lui appartient, il l’habite en tout cas par ses œuvres, par ses dessins à l’aspect étrange, sans sens tout seul, qui en se combinant devient la plus grande œuvre jamais réalisée. Mais cette quête c’est surtout l’occasion d’une fondamentale remise en question. Annonciatrice d’un grand bouleversement de sa vie.

Une famille inexistante, une relation particulière avec sa pseudo petite amie, un monde factice et des multitudes de considérations aussi personnelles que pouvant s’appliquer au plus grand nombre. Une tension jusqu’aux dernières pages, le désir de savoir. De comprendre. De savoir encore. Enfin, la fin qui lie toutes les pièces du puzzle entre elles, demandant un effort de remémoration et de concentration pour rétablir tous les faits, sans en omettre le moindre détail, mais un délice. Le narrateur se plaît à s’adresser à nous en tant que simple auteur relatant des faits vrais, rappelant une mode passé, où l’auteur se permettait de faire croire jusqu’au bout qu’il n’était qu’une sorte de transmetteur qui relayait une histoire qu’il considérait comme capitale. Transmetteur qui se sent investi d’une mission à travers une histoire capable de changer l’humanité et se cachant derrière cette image, l’auteur, qui plus vraisemblablement cherche juste à amener à la réflexion, à laisser planer le doute pour qu’on en parle. A l’image de De Foigny qui a ainsi créé tout un monde imaginaire fait d’êtres hermaphrodites dépourvus de passions et immortels…mais ceci est une autre histoire !

Pour résumé : une quête, une tension, des histoires qui s’entremêlent, des personnages que l’on a l’impression de mieux connaître au fil des pages. Et cet exploit de nous plonger tout de suite en plein cœur de l’imagination. Notamment le portrait impressionniste du joueur de dames, plus que talentueux et plus que désargenté. On voit à quel point le génie et proche de la folie sous toutes ses formes, qu’elle passe par l’incapacité de., voire par la folie pure.

Et c’est une critique à l’acide que fait Kellerman de la société moderne, des égocentricités qui aveugle, notamment. Une œuvre qui s’entend à différents degrés, faites, elle aussi, comme un puzzle.

 

16- 3 FILMS/3 CHRONIQUES -3rd: Simon Werner a disparu-

4 octobre 2010

Si vous vous attendez à une enquête policière comme jamais vous n’en avez vu vous vous êtes trompés de film. La disparition de Simon Werner est bien l’événement central autour duquel se construit le film. Mais, ce n’est pas du côté de l’intrigue qu’il faut s’appensantir mais plutôt du côté de la construction du long. Originale, à l’instar du livre de Blandine Le Callet et sa Pièce Montée, livre relatant un simple mariage à travers les yeux de différents personnages. Procédé que l’on retrouve donc dans le long où les jours précédents la disparition du lycéen Simon Werner sont vus à travers les yeux de ses camarades de classe. Embirlificoté à souhait, le film ne dérape pourtant jamais et le dénouement final de tout ce processus, qui paraît d’abord sans queue ni tête, nous délivre la compréhension de l’ensemble du film et nous fait comprendre que la construction du long est en fait le réel point central.

Simon Werner a disparu : Jules de la Nouvelle Star n’a pas signé la B.O - Simon Werner a disparu

Je ne m’y attendais pas et c’est ce qui en fait un film qu’il faut voir et revoir pour être en mesure de repérer toutes les subtilités qui nous échappe à première vue. Une réussite.

15- 3 FILMS/3 CHRONIQUES -2nd: Happy Few-

1 octobre 2010

HAPPY FEW n’est pas la suite, ni le petit cousin du film d’animation HAPPY FEET même si le nom peut prêter à confusion… et c’est presque dommage!

Affiche du film Happy Few

HAPPY FEW, c’est l’histoire de deux couples qui tombent instantantanément amoureux dès qu’ils se rencontrent. En lieu et place d’un scénar qui aurait pu amener à une réflexion sur les sentiments, sur la peur de la nouveauté et des pulsions qui conduisent ces couples à assouvir leurs fantasmes dans un chassé-croisé amoureux. On se retrouve face à un film sans consistance. En effet, après de courtes minutes seulement, les deux couples s’invitent déjà à dîner et dormir et un nouveau couple, “mutant”, se forme aussitôt. Les autres sont mis au courant dans la soirée et quelques jours plus tard les deux “nouveaux-couples-mutants” issus des deux premiers sont déjà en train de faire l’amour (chacun de leur côté, soit).  En fait d’un film prenant, intense ou empreint de complexité…on tombe dans un pseudo long érotico-sentimentaliste.

Ne me demandez pas la fin du dit film, je n’ai pas pu supporter la médiocrité du scénario jusqu’au bout. Je me suis arrêtée après une énième scène de copulation. J’imagine que le semblant de remise en question (qui devrait logiquement finir par arriver dans pareille situation) se situe autour de la question des enfants, ou bien du: “qui reste avec qui finalement”, ou encore du: “tiens et si on se faisait un petit truc à quatre?”

En somme, de bons acteurs mais un manque cruel de subtilité dans la mise en scène. Même pas de “l’art brut”, juste un navet. C’est dit.

A noter toutefois que la bande-annonce est réussie…

14- 3FILMS/3 CHRONIQUES -FIRST: The Town-

29 septembre 2010

 

The Town le film

THE Town, film de Ben Affleck, avec Ben Affleck, est une bonne surprise! Effectivement, le scénario n’a rien d’extraordinaire en soi mais il est novateur dans le sens où nous sommes plongés du côté des “méchants”. La mise en scène, le déroulement de l’histoire et le jeu des acteurs contribuent à faire s’échapper le long métrage du simple film de genre. On dépasse ainsi le stade de la vision manichéenne où les méchants sont de “vrais méchants” et les “gentils” de doux agneaux jusqu’au bout du bout. On y trouve de la violence, de l’amour aussi, mais surtout une profonde remise en question du braqueur (incarné par Ben Affleck justement) méchant-mais-pas-trop, qui après s’être laissé attendrir malgré lui par une des victimes collatérales d’un de ses casses, veut tout faire pour changer de vie. Mais le milieu où il baigne depuis bien trop longtemps déjà ne se quitte pas si facilement. Et c’est lors du fameux “dernier casse”, topos du genre, que tout va basculer.

En ce qui concerne la psychologie des personnages, je dirais que je la trouve très intéressante. Effectivement, Affleck survole les personnages pour se concentrer sur l’environnement, l’entourage et l’action mais il touche justement par le choix de cette simplicité. Chaque personnage a sa part d’ombre, d’humanité (ou non), sa force et ses faiblesses. Tout est dans la subtilité, dans l’effleurement, voire l’effeuillement du personnage au fil de l’intrigue.

On ressent, de plus, une tension palpable tout au long du film et le noeud de l’histoire, sa découverte, constitue le point central de l’oeuvre qui s’est construite autour. De sorte que l’on glisse de l’histoire-bateau à une réelle remise en question, et de fait vers le tragique voire l’immuable.

Un film prenant, qui bouge, tout sauf médiocre.

13- “Chastes”…les “hommes de Dieu”? ou “La religion comme planque pour pédophiles?”

13 mars 2010

Les hommes d’église savent faire parler d’eux…

78364353, PHOTO 24 /Brand X Pictures

…Mais pour de mauvaises raisons.

La religion catholique, prétendument la meilleure, la plus pure et la plus proche de Dieu (comme chaque religion tente de le faire croire) est encore une fois pointée du doigt pour actes pédophiles. Ces hommes censés être exempt de toute relation sexuelle, censés conforter un paradigme préétabli depuis des siècles, celui du don total de soi à Dieu se laissent aller à leurs pulsions sexuelles en salissant des enfants.

Ces “modèles” religieux profitent de leur pouvoir prétendument fort (car venant d’une force métaphysique, selon eux) pour asseoir une forme de suprématie sur leurs victimes.

Plusieurs questions me viennent alors: Comment peuvent ils agir en toute impunité? Pourquoi tant de cas et comment empêcher ça?

Ces hommes d’Eglise sont présentés comme échappant aux passions, se limitant à la raison et à l’amour de Dieu, incapables d’agir au gré de leurs pulsions…et j’en passe. Toute cette autorité péremptoire donne envie à voir et pourtant dans les faits, même si il n’est pas question de généralisée le vice de la pédophilie à tous les hommes d’Eglise, un certain nombre de religieux se “laissent aller” à l’horreur. Ces actes ont longtemps étaient considérés ”comme une faiblesse passagère, au même titre qu’une liaison avec une femme ou un homme, alors que l’on est là face à un acte criminel” (estime une juriste ayant travaillé sur ce sujet) avant d’éclater au grand jour et être pris au sérieux par l’ensemble de la communauté catholique depuis une quinzaine d’années maintenant.

Trois évèques attendent l'audience générale du pape Benoît XVI à la cité du Vatican.

Ainsi, ces actes ont pu être perpétrés en toute impunité pendant si longtemps “grâce” au “soutien” du Clergé qui ne voulait pas voir sa réputation se ternir et ne prenant pas assez au sérieux ces actes criminels. En les sous-estimant ils ont, en fait, aggraver le nombre de ces actes. Et même si la question est mieux traitée, que des sanctions sont prises de nombreux cas de pédophilie subsistent en ce milieu.

Pourquoi et comment empêcher ça? Il semble que le célibat légendaire de ces hommes ne dussent être remis en question. Je ne suis pas la seule à le penser, et de nombreuses personnes ont déjà tenté de faire écvoluer la chose, en vain. Car  ”Le célibat est le signe de la consécration tout entière au Seigneur”, réaffirme le pape Benoît XVI (cf article lié, du Monde.fr). Tant que des mesures concernant la philosophie même de la religion chrétienne, tant que les bases des institutions religieuses n’auront pas été remises en cause… quantité de problèmes devraient continuer à voir le jour dans les années à venir.

Toutefois, il est vrai qu’un certain nombre de ces religieux-pédophiles le demeurerait sans doute même si ils avaient la possibilité de fonder une famille mais alors s’ouvre une autre question, encore plus dérangeante: Ces religieux-pédophiles l’étaient ils avant et ont ils choisis ce mode de vie pour pouvoir agir en toute impunité, être au quotidien proches des enfants. Ainsi, la religion serait elle une planque à pédophile? … 

12- Célia Levy, Les Insoumises

27 décembre 2009

Les romans épistolaires on en a déjà vus, revus, rien de nouveau. Montesquieu le faisait déjà avec ses Lettres Persanes, façon détournée de critiquer la société de son époque par un biais moins franc, moins net, qui évitait ainsi la censure. Ce type de roman met en scène un échange de lettres entre deux personnes, mais plus qu’une simple correspondance ce type d’écrit sert avant tout à la prise de recul. En fait, les auteurs de ces lettres sont caractérisés par le fait que l’un des deux, au moins, découvre une société totalement nouvelle et c’est à travers ses yeux que le lecteur va pouvoir se la représenter. Du coup, forcément, le ton y est plus que subjectif, la personne en question raconte ce qu’elle y trouve de différent, ce qu’elle considère mieux, pire… par rapport à sa culture de base. Cette stratégie permet de faire passer les critiques d’une société à travers des yeux censés être neufs, étrangers.

Voilà, pour le petit topo, histoire de.

Les Insoumises, le pourquoi du comment de l’article en fait, est justement (devinez quoi?)… un roman épistolaire. Trop fort. Sauf qu’ici nous sommes  du côté de désirs de liberté de deux filles, confrontées à la réalité, qui aboutissent à une immense désillusion.

Il s’agit de la correspondance entre deux filles, issues d’un milieu aisé (il n’y a qu’à voir les prénoms) liées par une forte amitié. L’une d’elles, Renée, décide de partir vivre en Italie, avec des rêves plein la tête, pour un temps indéterminé. De là, elles commencent à s’écrire des lettres, privilégiant le manuscrit à Internet (que Renée à « en horreur », abahoué on a la rebelle attitude ou on n’l’a pas !).

"Nanméoh."

Les deux filles commencent tranquillement leur correspondance, mais déjà sur un ton tout autre que celui qu’on attendrait, soit le ton badin des confidences. Rien à voir. On a d’abord l’impression d’être en face d’une correspondance politique, idéologique, où chacune tente d’imposer son point de vue. On finit par se faire au ton, en se disant que, oui, on est bien dans un bouquin et pas dans la vraie vie. Au fur et à mesure, le ton des deux filles se fait encore plus ferme, les deux se balancent leurs quatre vérités, par petites touches, par esprit de franchise, pour changer l’autre, jusqu’à la surenchère qui aboutie à une « presque rupture » de la correspondance. Ah bah oui mais non, sinon plus de livre. Alors ça reprend doucement, le ton se calme un peu puis redevient acerbe, surtout du côté de Louise qui est complètement sous l’emprise d’un groupuscule d’étudiants activistes. On la sent de plus en plus embrigadée, sous influence. La copine a beau la mettre en garde rien n’y fait. Elle multiplie les conflits familiaux, les conneries jusqu’à se retrouver en garde à vue, complètement lâchée. Dégoûtée, elle trouve un job et tente de mener tout le monde à la rébellion.

"Bah, z'êtes où les gens? Revenez!"

Elle représente, à mon sens, la figure type de la rebelle paumée qui aurait aimé être née dans les années sixties. En face d’elle, Renée a des préoccupations nettement plus terre à terre mais c’est le désir de « devenir quelqu’un » qui l’a poussé à la fuite d’abord et qui la pousse ensuite à une perpétuelle fuite en avant. Elle pousse peu la métaréflexion mais l’aborde, se cherche. Elle finit par se trouver dans le désir de devenir réalisatrice, puis elle trouve l’amour dans les bras d’un bel Apollon. Mais elle va vite vers le désenchantement, à court d’argent, lassée de son éphèbe, elle refuse de demander de l’argent à ses parents pour subsister.  Après quelques stages sur des plateaux de cinéma, en tant qu’assistante exploitée et invisible, on la retrouve complètement dépitée, se mésestimant et amouraché d’un vrai coureur de jupons.

Les insoumises--Celia Levi

Premier roman de Celia Levi (2009)

Ces destins croisés mêlent ainsi deux vies complètement différentes. Celle de deux filles en recherche, ne sachant plus vraiment à quoi s’accrocher qui parviennent finalement à une forme de maturité. Deux filles perdues qui se retrouvent confrontées à la vraie vie, à ses règles, à ses limites. Et qui se rendent compte des leurs, de limites. C’est ainsi en essayant de les dépasser qu’elles parviennent à la conclusion qu’elles ne sont pas faites pour ce monde, mais faute de trouver mieux, elles devront se battre pour réussir à réintégrer la vie.

Louise, la forcenée se retrouve en Hôpital psy’ et sa copine à cultiver paisiblement la terre en Italie. Rappelle du Candide de Voltaire qui finit par cultiver son petit potager, sur une parcelle de terre, car inadapté au monde dans lequel il est né.

C’est avec des sentiments mêlés que je suis ressortie de cette lecture. D’abord parce que j’ai trouvé certains côtés beaucoup trop clichés, complètement en-deçà des préoccupations de la jeunesse actuelle, un peu trop mignonnet parfois. À côté de ça, j’ai trouvé que certains sujets étaient traités de manière assez juste, probante. J’ai eu du mal avec le style d’écriture d’abord puisque je trouvais ça complètement niais de faire parler les filles de cette manière mais finalement je m’y suis fait et j’ai même apprécié quelques remarques acerbes et bien placées de ces rebelles du bac à sable. Exemple type : « J’étais si découragée que je pensais renoncer à mes prétentions artistiques, je m’étais déjà résignée à devenir critique ». Ca, c’est fait.

Globalement je ne dirais pas que ce livre est transcendant même si il s’y cache un désir véritable de dénonciation de notre société actuelle, avec cette notion de difficulté à s’intégrer mais qu’en s’en laissant imprégner on y prend finalement goût.

11- La « vérité vraie » sur Papa Noyël

24 décembre 2009

C’est pas comme si aujourd’hui était un jour spécial. Bon, en fait si. C’est le jour où un certain Noël est censée dégringoler de la cheminée, grignoter des biscuits, boire d’une traite son verre de lait, déposer les cadeaux au pied du sapin et repartir tout aussi vite. Je ne sais pas vraiment l’ordre qu’il suit mais il n’empêche que chez moi il passe le 24 au soir. Et oui, il sait qu’on est des impatients dans la famille.

 

Môssieur Noël on l’a décrit rouge dans un bouquin, Coca-Cola s’est emparé de l’image, lui a donné corps…et même un peu d’embonpoint. De là est né l’image du bonhomme grassouillet, tout vêtu de rouge avec une bonhomie extraordinaire. Mister Papa Noyël n’est jamais triste, jamais « pas content » et jamais méchant. Il a un sourire benêt collé sur la figure, caché derrière sa grande barbe blanche. Ce qu’on ne nous dit pas c’est qu’en fait Papa Noyël ne travaille réellement qu’un soir dans l’année et glandouille sous le soleil des îles le reste du temps, exploitant ses lutins. Papa Noyël est divorcé, parce que c’est dans l’air du temps et il a la barbe jaunie par les cigarettes qu’il s’enfile à longueur de journée. Mais il a toutefois gardé ses rennes, par nostalgie. Il a été tenté deux/trois fois de laisser tomber son job et de se reconvertir mais un de ses lutins, dont on taira le nom, lui a promis qu’en « travaillant plus il avait des chances de gagner plus ». Plus que rien ça fait déjà très peu, pourtant Papa Noyël s’est laissé convaincre et est reparti sur son traîneau.

"Yep, laisse moi deux minutes man et on décolle"

 

Ce qu’on ne nous dit pas non plus c’est toute la logistique qui entoure ce business parce que finalement Papa Noyël il gagne quand même un petit quelque chose et ça on l’a su grâce à des émissions-qui-disent-tout-sur-l’argent-des-gens-qui-en-ont. Alors on s’est rendus compte qu’en fait « P.N » était un vrai businessman, avec des siècles de pratique il commence à être doué pépère. Finalement, bien malin, P.N gagne des sous grâce à tout plein de produits dérivés à son effigie. Il a troqué son image pour quelques pièces, scandale. Au-delà de ça, on apprend que Papa Noyël reçoit aussi tout au long de l’année tout plein de gens (moyennant finances),  des quatre coins du monde, dans son petit repère, plus si secret. A ce propos, si vous voulez l’adresse je vous la file contre quelques pièces (hé, business is business!). Pour les plus économes il n’y a  qu’à zapper, ils le disent partout. D’autant que lui aussi il l’est, partout. J’ai même appris il y a peu que s’organisait des concours de Pères Noël (véridique! Cf  « Sept à Huit »). D’ailleurs Papa Noyël est de toutes les ethnies. N’empêche que c’est bien malin, moi qui pensais qu’il était unique… me voilà carrément déçue. Enfin, il faut bien dire que Papa Noël est devenu une vraie multinationale qui prospère pas mal.

 Nan et puis c’est vrai qu’à force de grignoter les biscuits P.N est devenu presque obèse, alors essayer de passer par les cheminées avec ça! 

"J'ai comme qui dirait un petit coup de chaud"...

Finalement il envoie ses « autres lui » , sosies plus ou moins réussis (quand on voit ceux de la « Grande soirée des sosies » émission-de-la-mort-qui-tue dans laquelle il était bien difficile de trouver une quelconque ressemblance parfois, genre Franck Dubosc version fille…).

 

Et c’est bien grâce à ça qu’ « il » parvient à distribuer tous les cadeaux. Du coup, vous l’aurez compris pépère est à la retraite et passe ses vieux jours sur du sable fin grâce à ses actions, juteuses, et à la mise en gérance de la société. Dirigé en son absence par un certain Fouettard. Pas sûr que cette année on trouvera des cadeaux aux pieds du sapin… il pourra toujours mettre ça sur le dos de la crise… 

10- Quand le fou devient roi. Eloge. ~Culture pop’~

23 décembre 2009

Hier soir j’ai voulu en savoir un peu plus sur celui dont on parle beaucoup pour ne rien dire, celui qu’on dépeint comme “icône de la beaufattitude“…(non non il ne s’agit pas de J.H, même si…). Image que je m’étais également imaginée sur lui. A force.

En fait, il s’agit d’un homme aux multiples facettes qu’on finirait presque par prendre pour un schyzophrène. Mais il est juste aliéné comme nous le sommes tous, plus ou moins. Si l’on en croit le fait que: “Nous sommes tous névrosés” (dixit ma prof de philo’ du lycée). Mais lui assume ce côté multiple, donne l’impression de ne pas pouvoir être cerné, mis dans une case. Finalement,  il joue avec son visage, sa voix, avec les émotions, mais aussi, et je l’ai découvert, avec ses mots. Et je crois que c’est la partie qui finalement m’a le plus touché en lui. Ses imitations également. En fait, je me suis rendue compte que l’image qu’il me renvoyait était erronée. J’avais celle du mec qui présente une émission de cabaret, ouép, et celle du mec qui chante des trucs qui ne volent pas très haut. Alors qu’il ne se résume pas à ça. Je l’ai découvert en “vrai” comique qui fait sourire, rire, qui ose. Je l’ai découvert écorché par la vie mais combattif que ce soit sur un terrain, sur une scène ou dans la vraie vie. J’ai également découvert ses travers, le talent qu’il semble avoir niveau écriture et grâce à ça, ce melting-pot de mots, d’images, d’interviews, le tout orchestré d’une belle façon… je me suis rendue compte qu’il était un artiste, un vrai.

Ce mec là, emprunt de grossiéreté est aussi capable de sentiments délicats. Ce beauf cache en fait un mec aux talents multiples.

Alors, je salue son courage en ce qui concerne sa vie mais aussi face aux médias qui ne l’ont pas épargné. Je salue son talent, sa capacité à rester vrai et à se foutre de tous ceux qui ne l’aiment pas.

Ce “mec-là” c’est lui: Patrick Sébastien.

9- L’ineffable campagne. Une vraie caricature de l’efficacité française

1 décembre 2009

1 million.

C’est le nombre de personnes vaccinées depuis le début de la campagne lancée contre la grippe A. Dire que le gouvernement a un peu de mal serait un euphémisme… 1 million en plus de trois semaines! C’est juste du grand n’importe quoi. Et ça n’ira pas en s’arrangeant puisque la ministre de la santé, posant tout sourire lors de son vaccin il y a peu, Roselyne Bachelot n’est pas pour prendre les mesures nécessaires.

Solution proposée: ouvrir les centres de vaccination le dimanche et puis peut être un jour de plus dans la semaine tiens. Non parce que mobiliser des espaces immenses pour vacciner les gens uniquement le lundi et mardi après midi et ainsi se rendre compte que bizarement il n’y a pas grand monde qui fasse le déplacement c’est une chose, a contrario, depuis peu,  certains endroits sont assaillis par des personnes qui font parfois jusqu’a 4h de queue pour attendre la fameuse piquouse, en est une autre.

Pourtant la solution la plus simple serait de faire intervenir les médecins. En les autorisant à vacciner leurs patients ce serait des millions de personnes en plus vaccinées chaque semaine. Mais alors pourquoi Mme Bachelot refuse t elle cette alternative? Elle rétorque qu’elle préfère cantonner les médecins au traitement, se restreignant au rôle de soigner les patients une fois qu’ils sont atteints de cette pathologie. C’est tellement logique!

Elle estime que cela nuirait à leur efficacité et à leur rapidité de prise en charge des patients. Pourtant ces arguments paraissent bien bancals aux regards de ce qui se passe en ce moment. Le virus s’étend de plus en plus vite et la majorité des personnes dites “à risques” n’ont toujours pas reçu le sésame, le fameux papier de vaccination.

A ce rythme la population sera ravagée avant qu’1% de cette dernière soit vaccinée contre ce virus. D’autant que ce dernier semble nous réserver des surprises puisqu’il mute.

Nous assistons donc, impuissants, à cette farce monumentale. Je ne prône pas l’hystérie collective, ni la paranoïa chronique mais j’estime qu’étant en contact permanent avec les autres nous sommes tous exposés. Seulement je ne me soucie guère d’être vaccinée ou non en fait je n’aime pas l’idée de ne pas avoir assez de recul. Cependant, en ce qui concerne les personnes à risques je m’inquiète. La prévention pour eux ne devrait pas être une question de gros sous, car c’est cela qui parait se cacher sous ce refus catégorique de déléguer aux médecins ce pouvoir, c’est le coût!

La prévention pour ces personnes à risques est pourtant vitale. Mais après tout qu’est ce qu’une vie à côté d’un alignement de zéro…

8-Mince, vous avez loupé le bandeau noir?

21 novembre 2009

Maman cherche l’amour“…avec un titre pareil comment voulez résister à l’envie de jeter un coup d’oeil? Et c’est finalement les deux yeux que j’y ai jeté et même quelques rires à l’occasion. Plus mieux comme prog’, tu meurs.

Sophie, Katia, Angie, Marie-Jo

Sophie, Katia, Angie, Marie-Jo

Je fais donc partie des personnes qui ont suivi les péripéties de quatre jeunes femmes. J’avoue que j’étais aux limites de l‘addiction! 

Verdict? A la sortie: 3 sur 4 sont casées, ça semble l’amour fou, on voit des nuages roses bonbons éclatés partout (oui enfin ça s’pourrait!) et puis un petit bandeau noir, que je suis la seule à voir sur 3 que nous étions, why? Problèmes de vue? No’p, juste que le bandeau apparait en rikiki, minuscule, minable. Perdu là en plein milieu d’images montrant une Katia transis d’amour pour son Patrick…et réciproquement . Merde alors. L’image paradoxe. Le truc qui casse tout. *Aouch*. Après avoir parlé amour, mariage, maison, famille au grand complet…*pouf* plus rien, plus de nouvelles de Patrick chez Katia. Mince, finalement l’après “Maman cherche l’amour” serait peut être encore plus palpitant que le pendant.

Pour ceux qui auraient loupé ce petit panonceau parce que trop concentré sur les images, parce qu’ayant tourné la tête un millième de secondes. Et non le plus chic des couples de cette saison s’est (déjà!) éteint…le choc.

Du reste, le sosie de Diams ne serait plus non plus avec son marseillais préféré. Elle avait pourtant changé de boulot et l’école de son bout’chou (à croquer, c’est elle la véritable star de ce prog’!) pour aller s’installer avec son Jules, un marseillais avec qui cela virait constamment au “Je t’aime moi non plus”.

Enfin pour “Marie-Jo” la petite brune rigolote et pleine d’entrain ça dure, ça dure… et pourvu…que ça dure!

Fin de la petite parenthèse anthropologique. C’est fou ce qu’un tel programme peut vous surprendre! On se demande pourquoi il y a encore besoin de scénaristes pour écrire les films (patapé! it’s just a joke). Une caméra, la vraie vie et hop c’est partit pour de l’action, du rire, des larmes…  


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